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1990 : Historique Concert de Cloture du 20è Festival de la Chanson Lettone
Résistant au régime soviétique, la culture non violente d’un peuple européen héroïque !

Il y a 27 ans en juillet 1990 pendant l’occupation soviétique se déroulait le Concert de clôture du 20è Festival de la Chanson Lettone. Pendant plus de cinq heures, bravant le pouvoir soviétique, la Lettonie s’est rassemblée autour de ses chansons en portant haut les emblèmes et son drapeau : la Révolution Chantante non violente des Etats Baltes. En cette période actuelle où les parallèles historiques résonnent sombrement, ce document mérite l’admiration du monde. Cette soirée est restée gravée au fond de l’âme et du cœur de nombreux lettons.

Article mis en ligne le 7 juillet 2017

par BD, Elita S.
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En juillet 1990, un Concert historique clôture le 20e Festival de la chanson lettone

Du 30 juin au 8 juillet 1990, au beau milieu des mouvements de lutte d’indépendance des peuples baltes, s’est déroulée la XXè Fête "générale" [1] des Chants et des Danses à Riga, capitale de la Lettonie. Pour préparer ce festival choral, de nombreuses fêtes se sont précédemment déroulées dans le pays. Qu’est ce qui peut pousser des dizaines de milliers de lettons à chanter sur scène devant leurs compatriotes ?




« Sur scène avec mon âme pour tenter d’essuyer l’humidité de nombreuses paires d’yeux, pour chanter, la lumière d’une chanson - un chant populaire de liberté » (Andrejs Eglītis)

Andrejs Eglītis, poète letton, disait à propos du festival du 27 mai 1990 en Latgale, qu’il a servi de préparation importante au XX Festival "général" de la Chanson à Riga. « Une fois de plus je serai sur scène le 27 mai ... Je serai là aussi avec mon âme pour tenter d’essuyer l’humidité de nombreuses paires d’yeux, pour chanter, la lumière d’une chanson - un chant populaire de liberté ». Le pouvoir soviétique ne pouvait ignorer d’entendre toutes ces répétitions de chorales dans le pays. Rassembler à Mezaparks plusieurs centaines de milliers de personnes ne se décrète pas d’un coup de baguette magique. J’imagine les négociation de l’époque pour obtenir les autorisations nécessaires, pour répéter, se rassembler, diffuser de l’information, choisir les chansons qui seront interprétées. 25 ans la Voie Balte {PNG}Contacter pour cela les choristes de Lettonie et de l’étranger réclame une organisation en partie clandestine sans faille. L’organisation efficace de la Révolution Chantante et pacifique s’est montrée au monde le 23 août 1989. Une année auparavant lors de "La Voie Balte", deux millions de personnes de tous ages, toutes régions de Lettonie, d’Estonie et de Lituanie se sont enchaînés en chantant sur 600 km à travers les trois pays.




Le parallèle actuel avec l’histoire et le calendrier européen est exceptionnel.

En 1943, Andrejs Eglītis écrivait cette poésie « Dievs, Tava zeme deg ! - Mon Dieu ta terre brûle » . Un texte mis en musique par Lūcija Garūta. Une cantate qui fut interprétée la première fois le 15 Mars 1944 dans l’ Église Saint-Gertrude et plus de dix fois avant l’arrivée de l’Armée Rouge, avant d’être interdite par les envahisseurs soviétiques. Pendant les occupations russes, il était interdit de mentionner toute référence à la nation lettone, il était interdit de prononcer le nom du pays, il était interdit aux lettons d’arborer les emblèmes de la République indépendante de Lettonie proclamée le 18 novembre 1918. Gilles, historien passionné raconte cette première déclaration d’indépendance dans ses pages

"Dievs, Tava zeme deg ! - Mon Dieu ta terre brûle" {JPEG}

Ce 21 juin 2015 à Bruxelles, dans la cathédrale des Sts Michel & Gudule, cette même cantate fut interprétée par une chorale rassemblant des choristes lettons venus de toute l’Europe. [2] Nous y avons réalisé un enregistrement sonore unique et exceptionnel. Si vous souhaitez participer au projet d’édition de cet exceptionnel moment musical, Laisser nous vos coordonnées, nous vous tiendrons informés.











L’occupation soviétique russe : un régime d’interdits

Revenons au Mezaparks de Riga ce 8 juillet 1990. Écoutez attentivement comment la fanfare fait patienter le public. Car il en faut du temps pour que deux dizaines de milliers de chanteurs s’installent calmement sur la scène de plein air de la capitale de Lettonie. En 2013, ce moment d’installation sur les gradins de la grande scène a duré plus de dix minutes. C’est l’occasion de se chauffer la voix, d’accorder les diapasons, de faire les derniers réglages des appareils de prise de sons. Les cameramans de Latvijas télévizijas cadrent leurs meilleurs angles.

Soyez attentifs au jeu de la fanfare géante. Les 2062 musiciens, accompagnés pour la circonstance des 300 musiciens de l’ orchestre symphonique jouent très majestueusement pour lancer officiellement cette grande fête des chansons lettones.

Les cors, se préparent, les flûtes s’enchaînent, les clarinettes, saxophones, hautbois, trompettes se rassemblent. Parfois les percussions semblent ajouter leurs forces. ♫♫♫ Les cors lancent trois notes, comme une ritournelle à mémoriser. Va-t-il se passer quelques chose de particulier ? En douceur les instruments continuent leur jeu musical. Patience, préparons nos oreilles avec ces trois notes. Trois fois, trois notes étoilées ♫♫♫ Tout un symbole en Lettonie : les trois étoiles des trois régions lettones décidant leur première indépendance.

Pile dix minutes après le début du film, regardez-bien, tout le monde se lève. Les cameramans de la télévision lettone filment les drapeaux lettons qui flottent sur le lieu. Une émotion très forte est ressentie. Elle traverse les années. Les couleurs interdites de la Lettonie sont arborées par les chefs de chœur. Certains portent de petits drapeaux lettons.

Tout le monde écoute les notes de la musique composée par le Letton Karlis Baumanis qui a aussi écrit les paroles. A l’époque de la dominance russe des tsars, il était interdit d’employer le mot "Lettonie" dans les paroles de chansons, ils furent souvent remplacés par "la Baltique".

L’heure est grave, le défi est immense, les chars et les soldats russes sont dans la ville. Les musiciens jouent, le public se lève et n’ose chanter. Petit à petit des voix accompagnent les musiciens : "Dievs svētī Latviju - Que Dieu bénisse la Lettonie", l’Hymne national de Lettonie retentit, chanté pour la première fois depuis 1940.

Sur la scène de plein air du Mezaparks de Riga 20 399 choristes et devant 841 danseurs venus de tout le pays et de l’étranger. Au total ce furent 35 438 personnes ( choristes, danseurs, musiciens, organisateurs) qui participèrent au concert de clôture du 20ème festival. Mais regardez mieux : vingt mille personnes sur cette immense scène de plein air, face au public dix fois plus nombreux. On pourrait estimer 200.000 spectateurs arrivés paisiblement en traversant les rues de Riga. Quand les lettons descendent dans la rue c’est pour chanter ! [3]

« This concert is still deep in my heart. It was not just a concert for the Latvian.
It was something much more for our Latvian soul... It was a guestion of the Honor.
It was something Holy... It was something Sacred for all of us... » Elita

« Ce concert est toujours au fond de mon cœur. Ce n’était pas seulement un concert pour les Lettons. Il y avait quelque chose en plus pour notre âme lettone ... C’était une question d’Honneur. Quelque chose de Saint ... Quelque chose de Sacré pour nous tous ... » (Elita)


Quand les lettons descendent dans la rue c’est pour chanter !



1990 Concert de Cloture du 20è Festival de la Chanson en Lettonie

Vers la fin du concert officiel, ce furent plus de 20 000 flammes de bougies qui ont accompagné la cantate composée par Lūcijas Garūtas « Mūsu tēvs debesīs… Le "Notre Père céleste" .... prière universelle avec en écho quelques mots entendus ..." que ton nom soit sanctifié ..."
Sous le dôme céleste, ce festival de chansons lettones dans un lieu devenu sacré, rassemble un peuple qui prie à propos de l’avenir du pays.
En 1990, officiellement, l’État letton, n’avait pas encore été reconnu par aucun pays du monde. La Lettonie a passé sa flamme au Luxembourg qui va présider le Conseil de l’Union Européenne. La ferveur lettone est toujours aussi forte.


Parmi les participants

  • Le directeur du festival de Chants était Pēteris Pētersons,
  • Les principaux chefs de choeurs furent : Ivars Bērziņš, Terēzija Broka, Ausma Derkēvica, Jānis Dūmiņš, Jānis Ērenštreits, Daumants Gailis, Sigvards Kļava, Juris Kļaviņš, Gido Kokars, Imants Kokars, Pauls Kvelde, Haralds Mednis, Edgars Račevskis, Leonīds Vīgners et Jānis Zirnis.
  • Les chefs de choeur venus de l’étranger : Viktors Bendrups, Daira Cilne, Andrejs Jansons, Vizma Maksiņa, Marks Opeskins, Arvīds Purvs, Lilija Zobens et Roberts Zuika qui a fêté son 100è anniversaire en 2013.

  • Les directeurs artistiques pour les danses : Ieva Adāviča, Marga Apsīte, Taisa Aruma, Aija Baumane, Donāts Doniks, Modris Gipmanis, Ojārs Grasis, Aleksandrs Lembergs, Zigurds Miezītis, Uldis Ozols, Vilis Ozols, Uldis Rikmanis, Ingrīda Saulīte, Rita Spalva, Harijs Sūna, Uldis Šteins, Osvalds Štrauss, Uldis Žagata.
  • Les principaux chefs de Orchestre Symphonique : Gunārs Ordelovskis, Raimonds Igolnieks, Sergejs Sergejevs
  • Le Chef d’Orchestre Musique Folk : Ēvalds Daugulis
  • Soliste : Arvīds Klišāns
  • Directeur du Concert du Festival de la Chanson Līga Balode
  • Chorégraphe - John Butkevičs
  • Opérateur son- Mečislavs Caune
  • Artiste - Romualds Gibovska

Le Grand Chœur a regroupé trois concerts - chants du destin, chants populaires et chants de vie. Dans le grand Chœur se retrouvaient à la fois des chanteurs lettons exilés et des habitants de Lettonie.

Au programme du concert :

  1. Lobs ar lobu sasatyka – latgaliešu tautas dziesma Andreja Jurjāna apdarē
  2. Dievs, svētī Latviju ! – Kārlis Baumanis - hymne de Lettonie
  3. Vakarjunda – Jānis Norvilis, Leonīds Breikšs
  4. Pie tēvu zemes dārgās – Emīls Dārziņš, Ausekļa atdzejojums
  5. Gaismas pils – Jāzeps Vītols, Auseklis
  6. Mūžam zili – Emīls Dārziņš, Kārlis Skalbe
  7. Beverīnas dziedonis – Jāzeps Vītols, Auseklis
  8. Tev mūžam dzīvot, Latvija – Jānis Mediņš, Vilis Plūdonis
  9. Tek saulīte tecēdama – latviešu tautas dziesma Jēkaba Graubiņa apdarē
  10. Kantāte Tēvijai – Andrejs Jurjāns
  11. Dzimtene – Jānis Mediņš
  12. Mūžu mūžos būs dziesma – Valters Kaminskis, Imants Ziedonis
  13. Raksturdeja – Jānis Ivanovs
  14. Meistaru polka – Gunārs Ordelovskis
  15. Latviešu tautas deja Lancets – Elgas Drulles horeogrāfija, tautas mūzika Ēvalda Dauguļa apdarē
  16. Tōli dzeivoj muna meilo – latgaliešu tautas dziesma Andreja Jurjāna apdarē
  17. Stovēju, dzīdoju – latgaliešu tautas dziesmaJūlija Rozīša apdarē
  18. Latgales meiteņu deja – Ritas Spalvas horeogrāfija, tautas mūzika Ēvalda Dauguļa apdarē
  19. Rozēm kaisu istabiņu – latviešu tautas dziesma Oļģerta Grāvīša apdarē
  20. Latviešu tautas deja – Ernesta Spiča horeogrāfija, tautas mūzika Ēvalda Dauguļa apdarē
  21. Aiz azara bolti bārzi – latgaliešu tautas dziesma Staņislava Broka apdarē
  22. Aiz azara augsti kolni – latgaliešu tautas dziesma Jūlija Rozīša apdarē
  23. Jāņu vakars – latviešu tautas dziesma Emiļa Melngaiļa apdarē
  24. Mazs bij’ tēva novadiņš – latviešu tautas dziesma Helmera Pavasara apdarē
  25. Latgalē – Aldonis Kalniņš, Skaidrīte Kaldupe
  26. Ezerzeme – Valters Kaminskis, Pēteris Jurciņš
  27. Mūsu Tēvs debesīs – Lūcija Garūta
  28. Saule, Pērkons, Daugava – Mārtiņš Brauns, Rainis (bissée)
  29. Daugav’ abas malas – Jānis Norvilis, Rainis

Après tous les applaudissements, soulagés, rassasiés de chansons, tout le monde, artistes et spectateurs ont entonné comme un hymne la chanson "Pūt, vējiņi" - arrangée par Imants Ramiņš

sources




CHANTER ! La base de notre culture (Māra Zālīte)

Māra Zālīte, auteure de la mise en scène du Festival raconte :
« Ce Festival de la chanson s’est révélé d’une nouvelle qualité artistique émotionnelle. En partie car il s’est libéré des précédentes fêtes de l’époque soviétique par la liberté de créer un répertoire joué par toute une nation. C’est la seule direction - sans retour !. Avec ce besoin d’aller de l’avant : CHANTER. Vous savez, mon ami, à quel point je veux enraciner cette parole. La chanson est la base de notre culture et son principal ingrédient. Les chansons folkloriques lettonnes, régnant pendant des siècles, ont acquis elles-mêmes une énorme énergie lumineuse. Plus d’un million de quatrains et de mélodies de très haute tenue, transmettant un système éthique et esthétique très raffiné. Par delà les générations s’est réalisé un lien spirituel, là où les vrais liens générationnels étaient sauvagement détruits. Surtout dans ce siècle ». (Māra Zālīte) [4]

Au lendemain du passage des lumières lettones de la présidence du Conseil de l’Union Européenne entre la Lettonie et le Luxembourg, je ne peux m’empêcher de rappeler ce que Māra Zālīte exprimait depuis la maison des écrivains de Visby [5] en Suède :




« La Lettonie est de nouveau proche »

« ... , .... La joie de la Lettonie est de rentrer en Europe. Rentrer où elle avait été. Renouveler l’économie, mettre en œuvre la démocratie. Les Lettons se sont toujours identifiés comme une nation européenne. Serait-il possible autrement ? La capitale de la Lettonie Riga est membre des villes hanséatiques depuis le 13-ième siècle. Riga est une des plus belles villes européennes. A côté du vieux Riga, construit au moyen âge, s’élève le Riga du début du 19-ième siècle, quand, étant une ville portuaire riche, Riga pouvait se permettre de construire des immeubles dans le style luxueux de l’art nouveau. Aujourd’hui on appelle Riga métropole de l’art nouveau. Riga change à chaque jour, à chaque heure. Elle reçoit des traits modernes, tout en conservant et en restaurant le visage ancien de la ville. Venez et assurez-vous en ! De plus en plus d’Européens le font déjà. Visitez la Lettonie. Elle est de nouveau proche. » (Māra Zālīte)





Avez-vous des souvenirs de cette période ?
Que faisiez-vous à l’époque ?
Que penser de ce qui se passe en baltique, en Europe, un quart de siècle après ?
Merci de tous vos commentaires.

Le lien court vers cet article : http://bit.ly/2ty0CBh


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