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DIEVS, SVETI LATVIJU, Hymne national de Lettonie

"Dievs svētī Latviju" hymne national de la Lettonie, interprété le dimanche 7 juillet 2013 vers 19h20 heure de Riga, par le Grand Choeur des 13000 choristes du Concert de cloture du XXVè Festival des Chants et XV des Danses de Lettonie, dirigé ici par l’illustre Chef de Choeur Roberts Zuika, mis à l’honneur cette année pour ses 100 ans.




DIEVS, SVETI LATVIJU - vardi - paroles
Dievs, svētī Latviju, Que Dieu bénisse la Lettonie,
Mūs’ dārgo tēviju, Notre chère patrie,
Svētī jel Latviju, Nous te supplions, bénis la Lettonie,
Ak, svētī jel to ! (repeat) Oh, nous te supplions de la bénir ! (bis)
Kur latvju meitas zied, Là où les lettones fleurissent **,
Kur latvju dēli dzied, Là où les lettons chantent,
Laid mums tur laimē diet, Dansons de joie dans notre patrie
Mūs’ Latvijā ! (repeat) Dans notre Lettonie ! (bis)

La musique et les paroles ont été écrites par le compositeur Letton Karlis Baumanis}(11.05.1835.-10.01.1905.)} (plus connu sous le nom Baumanu Karlis). A l’époque de la dominance tsariste russe il était interdit d’employer le mot "Lettonie" dans les paroles de chansons, ils furent remplacés par "la Baltique". Regardez attentivement la tranche des pièces de 2€ lettones, vous y lirez gravé le titre de l’hymne national.

Karlis Baumanis fut l’un des plus ardents participants au mouvement pour l’éveil national letton. En outre, ses articles polémiques sur les chansons populaires, publiés dans la presse lettone et allemande à Riga, ont conduit à l’émergence de l’ethnomusicologie en Lettonie




Défi ouvert au régime tsariste

L’hymne est apparu dans la deuxième moitié du 19ème siècle, quand le peuple letton a commencé à montrer ouvertement un fort sentiment de fierté et d’identité nationale.




Karlis Baumanis

Karlis Baumanis a été le premier compositeur letton à utiliser le mot « Lettonie » dans des paroles de chanson. Le concept de "Lettonie" avait seulement commencé à prendre forme dans l’esprit des écrivains et des militants et a été utilisé pour décrire toutes les régions traditionnellement habitées par les Lettons. Bien que la plupart des Lettons n’osaient pas encore rêver d’un Etat souverain totalement indépendant de l’Empire tsariste russe, la chanson "Dievs, sveti Latviju !" devint un puissant catalyseur de la conscience nationale émergente. L’utilisation du mot « Lettonie » dans la chanson était un défi ouvert au régime tsariste qui avait peu de sympathie pour les mouvements nationaux.

Initialement, les autorités russes interdisent l’utilisation du mot « Lettonie » dans le titre et le texte de la chanson et il a été remplacé par le mot "pays baltes". la chanson a été interprétée en public en Juin 1873 lors du premièr Festival de la Chanson à Riga. Et chantée en tant qu’hymne national le 18 Novembre 1918, à la proclamation de l’indépendance de la Lettonie.

Le 7 Juin 1920 "Dievs, sveti Latviju !" a été officiellement proclamé hymne national de la République de Lettonie.

Après juin 1940, pendant un demi-siècle l’emploi des symboles nationaux de la Lettonie - le drapeau, les armoiries et l’hymne national - fut interdit.
Le 15 février 1990 ils furent restaurés en tant que symboles officiels de l’Etat.

Beaucoup de gens ont été persécutés tout simplement pour garder et cacher le drapeau rouge-blanc-rouge ou en chantant l’hymne national. Mais les symboles officiels de la Lettonie n’ont jamais été oubliés et la lutte pour réafficher les couleurs nationales rouge-blanc-rouge a marqué le début d’une nouvelle lutte pour l’indépendance à la fin des années 1980.

C’est un hymne national paisible , il n’évoque ni lutte, ni guerre, mais des jeunes filles en fleur et des jeunes gens qui chantent, avec cette puissance qui permet de traverser les années et les difficultés et rassemblt les esprits et les coeurs.




Musique


saeima.lv/documents

Autre moment en 2008

sources et liens : Latvian Institute et Ministère Letton des affaires étrangères

Si vous souhaitez apprendre à chanter en choeur cette chanson, contactez-nous ci-dessous. Nous tenons à votre disposition les diverses voix ( soprano, alto, ténor, bariton, basse ).

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Trajectoire d’enfance au goulag de Silva Linarte
Témoignage

Cet article est extrait d’interventions lors d’une journée d’étude à la BULAC.

Une contribution à la connaissance d’un pan très peu étudié de l’histoire du Goulag, celle de la déportation des enfants des pays d’Europe centrale et orientale avant et après la seconde guerre mondiale.

Nous proposons d’interroger les formes spécifiques de cette remémoration, la mise en récit de l’enfance au Goulag ainsi que le processus de transformation de cette expérience en témoignage, par le biais des empreintes indélébiles laissées sur ces adultes déplacés dans leur enfance.

Article mis en ligne le 16 novembre 2012
par BD par

Quelques jalons sont proposés pour appréhender les spécificités de l’expérience infantile, la diversité de ces expériences et la récurrence de la remémoration tardive.

Cette recherche s’appuie sur des témoignages oraux recueillis dans le cadre du projet Mémoires européennes du Goulag dans les pays de l’Europe centrale et orientale. [1]

Silva Linarte [2] naît en 1939 en Latgale, une région au sud-est de la Lettonie. Sa famille, relativement aisée dans cette région très pauvre, attachait une grande importance à l’instruction et à la culture. En juin 1941, son père, ayant refusé de dénoncer des collègues instituteurs, est arrêté et condamné aux travaux forcés au Viatlag, où il décède en 1942. Silva, sa mère et ses sœurs sont reléguées dans la région de Krasnoïarsk, en Sibérie.


En 1947, Silva et ses sœurs, semi-orphelines, bénéficient d’une mesure les autorisant à rentrer en Lettonie. Après un long périple en train, elles sont placées dans un orphelinat à Riga, puis dans des familles d’accueil. Leur mère parvient ensuite à s’échapper de la colonie spéciale et les retrouve clandestinement en Lettonie. En 1950, au cours de la seconde déportation de masse, la mère et les trois filles sont renvoyées en Sibérie. Alors que les conditions de vie s’améliorent peu à peu, la mère de Silva meurt d’un cancer. Silva rentre définitivement en Lettonie en 1956, où elle parvient à poursuivre des études et devient designer et peintre. Elle réoccupe aujourd’hui la maison de son enfance, replongeant, avec ses propres filles, dans les souvenirs du passé familial miraculeusement conservés.

Juliette Denis, doctorante au Cersec, a rencontré Silva Linarte à Daugavpils.

Présentation

Entretien avec Silva Linarte

Questions à Silva Linarte

Juliette Denis Doctorante en histoire au HAR (Histoire des arts et représentations, Université Paris Ouest) et à l’IHTP (Institut d’histoire du temps présent, CNRS), ATER à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, est aussi auteure d’articles dans diverses revues, dont : "Identifier les « Éléments ennemis » en Lettonie, Une priorité dans le processus de resoviétisation (1942-1945)"
juliette.denis chez gmail.com

Une contribution qui explore les modes d’identification de la figure de l’ennemi et sa place dans la resoviétisation de la Lettonie en 1944-1945.