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 Célébrer un siècle de sécurité balte en Europe
Par Imants Lieģis, Ambassadeur de Lettonie en France, ancien ministre de la Défense.

Avec l’aimable autorisation de son Excellence Imants Lieģis, Ambassadeur de Lettonie en France, ancien ministre de la Défense, voici la traduction de son texte paru en anglais ce 30 janvier 2018 dans Europeanleadershipnetwork.org

Article mis en ligne le 31 janvier 2018

par BD

*Célébrer un siècle de sécurité balte en Europe



Estonie, Lettonie et Lituanie sont probablement plus sûres aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été au cours des 100 dernières années. Cependant, l’engagement continu de leurs partenaires euro-atlantiques est essentiel pour relever les défis régionaux.

Alors que l’Europe commémore le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, la Lettonie et l’Estonie célébreront le centenaire de la naissance de nos États-nations (et la renais­sance de la Lituanie), évolution du système de Versailles d’après-guerre. [1]

La Lettonie a officiellement déclaré son indépendance le 18 novembre 1918.

Le conflit a duré un peu plus longtemps. La capi­tale, Rīga, fut libérée des insurgés étrangers en novembre 1919. La reconnaissance officielle (de jure) ne vint qu’en janvier 1921. Ces pre­mières années ont vu des Français, des Britan­niques et d’autres vies européennes, sacrifiés sur notre territoire pour la cause de la liberté..

La survie au cours du dernier siècle n’a pas été une mince affaire. La liberté a été arrachée à la jeune nation dans la Seconde Guerre mondiale à travers l’accord néfaste entre Staline et Hitler pour diviser entre eux divers pays européens. La victoire des alliés sur l’Allemagne hitlérienne en mai 1945 a laissé la Lettonie et d’autres grandes parties de l’Europe entre les mains de l’Union soviétique totalitaire de Staline pendant près d’un demi-siècle.



Le retour à l’indépendance en 1991 à travers la « révolution chantante », entièrement pacifique, a marqué le début d’une période sans précédent de paix et de sécurité. [2] Cela a été renforcé après 2004 quand nous sommes devenus membres de l’OTAN et de l’UE. Plutôt qu’une menace pour la Russie, notre adhésion a en fait renforcé la stabilité à la frontière occidentale.

Rejoindre ces deux organisations a ancré notre succès au succès de l’Europe. La Lettonie et nos voisins de la Baltique ont été fiers de contribuer à la sécurité internationale. Nos soldats sont morts en Irak et en Afghanistan, où ils ont servi côte à côte avec les Alliés pour défendre et investir dans la liberté. Malgré le sentiment de sécurité qui prévaut dans le contexte historique, il n’y a pas de place pour la complaisance.

Après une décennie comme membres de l’OTAN et de l’UE, la sécurité dans notre région & au-delà a subi un coup avec la perturbation des normes et de l’ordre européen qui existait depuis les années 1990. En 2014 l’annexion illégale par la Russie du territoire ukrainien en Crimée et l’at­taque militaire contre l’Ukraine orientale ont amené la communauté euro-atlantique à recon­naître que les actions d’une Russie agressive & imprévisible exigeaient une réponse.

En outre, les attaques terroristes dans un certain nombre de pays européens et l’émer­gence d’une crise des migrations / des réfugiés ont fonda­mentalement affecté la sécurité européenne au cours des deux dernières années. L’incertitude a augmenté à cause du Brexit et de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Combinée aux menaces en évolution rapide que représentent les guerres hybrides (cyberat­taques, guerre de l’information, etc) et aux défis du régime actuel de contrôle des armes nu­cléaires, la population lettone et ceux qui vivent ailleurs en Europe se sentent plus vulnérables.

L’unité euro-atlantique doit prévaloir en particu­lier dans la politique envers la Russie. La réponse depuis 2014 a été solide et solidaire. Les sanctions ont été maintenues, tout en étant liées aux progrès réalisés dans la mise en œuvre des accords de Minsk. Le dialogue avec la Russie et la recherche de solutions devraient se poursuivre en parallèle à travers les formats Normandie, OSCE ou ONU.

Malgré les appels à un dialogue accru à tous les niveaux, pour produire ce dialogue constructif, la Russie doit regagner la confiance de ses partenaires en respectant les accords déjà sur la table.

Dans le même temps, il convient de poursuivre activement le dialogue sous le radar avec la Russie, tout en reconnaissant qu’une solution au rétablissement des relations reste directement liée à l’Ukraine.

La dissuasion de l’OTAN, renforcée par une pré­sence des troupes partenaires sur le flanc oriental de l’Alliance en 2017, devrait être renforcée dans toute la région en fournissant un moyen de dissuasion par déni. Cela signifie que les alliés doivent rester concentrés sur les insuf­fisances des capacités aériennes et maritimes qui pourraient être exploitées par un agresseur potentiel. La défense aérienne doit être ajoutée au soutien existant de la police aérienne.

Le concept de la création d’une zone régionale « Schengen militaire » dans les pays baltes devrait être activement poursuivi afin d’assurer la circulation rapide des troupes et de l’équipement. Ceci est particulièrement pertinent pour la stratégie de réapplication, où le temps peut être essentiel.

Le maintien de l’engagement des États-Unis en Europe à travers l’OTAN reste essentiel. Cela inclut d’écouter les appels américains sur le partage de la charge européenne - quelque chose que tous les pays du flanc de l’Est ont fait.

Cette année, les trois pays baltes et la Pologne contribueront pour 2% ou plus de leur PIB à la défense.

Non moins important sera de s’assurer que les forces de défense et de sécurité du Royaume-Uni restent pleinement utilisées en Europe, quel que soit le résultat du Brexit. Un modèle positif est le rôle de la nation-cadre du Royaume-Uni en Estonie, où ses troupes dirigent la présence avancée de l’OTAN.

L’amélioration de la défense et de la sécurité de l’UE par le biais d’une « coopération structurée permanente » récemment établie et d’autres mesures, devraient éviter les doubles emplois ou la concurrence avec l’OTAN. Une coopéra­tion positive entre les deux organisations développées au cours des deux dernières années devrait prévaloir.

L’expertise locale développée en Lettonie, en Estonie et en Lituanie devrait être pleinement utilisée par les partenaires euro-atlantiques.

Cela s’applique non seulement à l’expertise sur la Russie, mais aussi à des capacités de niche développées dans des domaines tels que les communications stratégiques, la cyber guerre et la sécurité énergétique.

Les sociétés doivent rester vigilantes face aux attaques contre nos systèmes démocratiques.

L’interférence de tiers aux élections présidentielles américaines et ailleurs par la manipulation des réseaux sociaux (et d’autres mesures) montre que nos démocraties ouvertes devraient constamment surveiller et tenter de prévenir de telles attaques.

Même si certains estiment que nos intérêts en matière de sécurité sont uniquement régionaux, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie continueront d’avoir une vision large des questions de défense et de sécurité. Cela impliquera l’engagement dans des projets européens en cours, mais avec la défense collective à travers l’OTAN restant au cœur de la politique de défense.

Notre histoire mouvementée au cours du siècle dernier a été intrinsèquement liée aux alliés européens et autres. Aujourd’hui, une OTAN forte dotée de liens transatlantiques solides et d’un cadre juridique international fondé sur des normes acceptées précédemment contribuera à garantir la sécurité de la région au cours du prochain siècle.





Texte écrit par Imants Lieģis, paru en anglais ce 30 janvier 2018 dans Europeanleadershipnetwork.org et traduit par Bruno DAL.









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