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Un été en lettonie pour 15 étudiants, et aiderl’orphelinat de Grasi.
revue de presse - 30/08/2012

Une quinzaine d’étudiants et jeunes professionnels sont partis cet été en Lettonie pour venir en aide à l’orphelinat de Grasi. L’un des participants livre son récit.…

Article mis en ligne le 3 septembre 2012

par JB

lu sur le site : http://www.opusdei.fr/art.php?p=50084
30/08/2012

Mission accomplie !
Une quinzaine d’étudiants et jeunes professionnels sont partis cet été en Lettonie avec le club Fennecs pour venir en aide à un orphelinat. L’un des participants nous livre son récit. Émouvant…

L’heure est bien avancée mais le soleil brille. L’extraordinaire luminosité de la Lettonie nous offre un spectacle étonnant. Partis de Riga en fin d’après-midi, nous nous avançons dans la campagne de ce pays aux lueurs inhabituelles. Répartis dans plusieurs voitures, nous sommes une équipe motivée, nombreuse et internationale : 15 Français de tout l’Hexagone (Nantes, Toulouse, Rouen, Paris) et 4 Lettons.

Objectif ? Atteindre l’orphelinat de Grasu Pils.

Cet orphelinat dont l’histoire est aussi originale que belle nous attend pour des travaux un peu spéciaux. Dans les voitures l’impatience est palpable : plus d’un an, pour certains d’entre nous, que nous nous préparons à ces instants et que nous attendons « l’action » ; plus de 6 mois que nous nous réunissons régulièrement pour réfléchir à nos objectifs et que nous élaborons des opérations pour récolter de l’argent. Ainsi, le 1er mai 2012 nous avons vendu du beau muguet devant des boulangeries parisiennes. Quelques semaines plus tard, le jour de la fête des mères, c’étaient des roses que nous vendions à la sortie d’une messe. Et en cette belle soirée de juillet nous atteignons les lieux de notre opération : « A notre arrivée, nous serons répartis dans deux petites maisons qu’occupent les orphelins habituellement » nous prévient Cyrille. Il poursuit : « En été, ces maisons sont libres car les orphelins les plus grands sont accueillis dans des familles françaises, le temps des vacances ». Il ne reste dans l’orphelinat que les plus jeunes orphelins : Androuchka, Sacha, Nikita… Nous aurons l’occasion de bien faire leur connaissance et nous deviendrons d’excellents « amis ». Que d’émotions quand il faudra leur dire au revoir, deux semaines plus tard !

Une ferme dans un orphelinat

Ce sont deux Français qui nous accueillent sur place : Christophe, le fondateur de l’orphelinat, ainsi que Jean, « un paysan du Gers en Lettonie » tel qu’il se définit.
Ils nous expliquent alors l’histoire de ces lieux : celle d’un orphelinat qui grandit par petits pas et dont le projet s’affine constamment pour le bien des orphelins. « Grâce aux volontaires comme vous, nous avons pu lancer la ferme pédagogique » nous dit Christophe. Il ajoute : « L’idée de la ferme vient de Jean. Elle permet notamment de mettre en contact avec une activité professionnelle les orphelins qui le souhaitent. » La ferme pourrait, un jour, devenir une source de revenus pour développer l’orphelinat. C’est de cette activité fermière que nous sommes venus nous occuper. Une aide indirecte aux orphelins mais une aide bien réelle.

Eviter l’activisme

« Nous n’allons pas transformer la face de la Lettonie par notre action. Soyons donc humbles et fuyons l’activisme » nous explique Pierre, un organisateur du séjour. « Notre travail aura une valeur d’éternité si nous l’offrons au Seigneur » renchérit l’abbé Quartulli, notre aumônier, dans l’homélie de la messe du premier jour. L’objectif était donc clair : le meilleur service que nous pouvions rendre à cet orphelinat était de lutter, chacun, pour devenir meilleur en cherchant la sainteté. Et cet objectif passe par un travail bien fait, sanctifié, offert au Seigneur. C’est donc dans cet esprit que nous tentons, quinze jours durant, de rendre ce service aux orphelins : installation de grands enclos qui constituent la ferme, creusement de trous pour installer des portails, destruction à grands coups de masses des vieux murs en béton armé (pas facile !), fabrication du béton pour fixer les portails… Puis vint le temps des foins : la machine à faire des bottes étant en panne, nous avons dû ramasser « à l’ancienne » des tonnes d’herbes séchées ! Munis de nos fourches et râteaux nous balayons des champs entiers et entassons le foin dans la charrette du tracteur. Après quoi, il faut le ranger dans le grenier de la ferme, sous une chaleur accablante. Les visages aux yeux cernés mais le sourire aux lèvres témoignaient de notre joie de nous donner.

Un philosophe en action

Cyrille le directeur du séjour est philosophe. « Nous avons bien profité de ses réflexions » me glisse une fois Clément, un participant. Et pour cause, à l’approche de l’année de la foi, il a préparé plusieurs causeries sur le sens de cette vertu théologale : « Foi et écriture », « Foi et tradition », « Foi et évangélisation »« Mon principal instrument de travail pour ces exposés a été le Catéchisme de l’Eglise Catholique » nous explique pour commencer le philosophe transformé, le temps du séjour, en organisateur d’opération humanitaire. Le résultat a été là puisque nous prolongions les séances en lui posant, à tout moment, des questions sur la foi, la vocation, l’évangélisation, l’apostolat...

Le temps du sport venait alors. Comme si nous ne nous étions pas assez dépensés dans les champs. Mais la joie d’être ensemble fait figure du meilleur produit dopant… Nous pratiquions donc toutes sortes d’activités sportives : rugby, foot, baignade dans les nombreux lacs qui s’éparpillent dans le pays… Nos journées se terminaient dans les rires et les chants : autour de la guitare de William, nous écoutions ses œuvres et chantions tandis que les boute-en-train de notre équipe nous proposaient des jeux hilarants.

Quitter ces orphelins, se séparer de ce groupe soudé que nous formions… : l’émotion nous envahit lorsqu’il fallut rentrer en France.

En finissant ces lignes, je me rappelle de cette tour soviétique. C’était lors d’une excursion sur le sommet de la Lettonie. En plus d’être délabrée, elle commençait à avoir quelque chose de la Tour de Pise… Pour empêcher les imprudents d’explorer l’intérieur de ce vestige de l’URSS, cette phrase était inscrite sur la tour : « Do not enter ». Et nous y sommes entrés. C’est l’imprudence mais aussi l’audace qui nous y ont poussés, la même audace insouciante qui nous a fait venir dans cet orphelinat. Notre cœur y restera à jamais. Nous étions prévenus.